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la fin avril

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Pleins feux sur les maudites bernaches, prise 2

La bernache du Canada survolera notre région en grands nombres et à haute altitude au cours des deux prochaines semaines. Il s’agira surtout de bernaches se reproduisant dans les zones plus au nord, de la grande famille dite Branta Canadensis interior (nous avons présenté en détail la question des sous-espèces de bernaches dans le bulletin de fin octobre).

Contrairement à la bernache géante, la bernache du Canada connaît un déclin démographique important duquel il ne commence à se remettre que récemment – elle se dénombre à environ 100 000 oiseaux. À cette situation s’oppose une hausse du nombre de bernaches géantes qui s’explique peut-être en partie par le nombre de plus en plus élevé de bernaches géantes qui montent jusqu’à la Baie James pour muer et faire concurrence avec les espèces de bernaches se reproduisant plus au nord, les ressources alimentaires étant peu nombreuses. La situation a été exacerbée par la destruction des marais par l’oie des neiges qui y descend en grands nombres maintenant en raison de la résurgence de la production alimentaire dans le Mid-West américain. Tout est lié.

D’autres événements à ne pas manquer

  • Parmi les oiseaux de retour parmi nous en cette fin avril, citons la petite buse, le martinet ramoneur et le tohi à flancs roux. Bon nombre de canards plongeurs s’envolent vers des aires de reproduction plus au nord; c’est le cas du garrot à œil d’or, du fuligule à collier, du petit garrot et du grand harle.
  • La bécasse d’Amérique et la bécassine de Wilson mâle s’adonnent à de spectaculaires vols de parade. Vous trouverez ici une excellente vidéo de la bécasse d’Amérique au sol, et une autre ici de la bécassine en vol dans laquelle vous entendrez le bruit qu’émettent les plumes de sa queue. Écoutez la bécasse d’Amérique ici (faites défiler jusqu’au bas de la page).
  • Si vous voyez des libellules, il s’agira sûrement de l’anisoptère vert, une espèce migrante que les vents du sud auront poussé plus au nord.
  • Les tortues et la couleuvre rayée sortent de leur sommeil hivernal. Les serpents de sexe masculin sont les premiers à sortir de leurs terriers, à la recherche de femelles accueillantes. Lorsqu’une d’entre elle apparaît, las mâles se jettent sur elle en une masse frémissante, mais seul un chanceux pourra la féconder, laissant un bouchon gélatineux dans son cloaque.
  • La grenouille léopard et, un peu plus tard, la grenouille des marais se joignent au chœur amphibien que vous pouvez entendre dans un étang ou une terre humide près de chez vous. Tendez l’oreille.
  • Le grand brochet se dirige vers des eaux peu profondes où les algues abondent et des marais inondés pour frayer (les eaux étant à une température de 4 à 11oC), suivi de près par le maskinongé (eaux à une température de 9 à 15oC).  Vous pourrez voir ces poissons facilement depuis la berge ou à bord d’un canoë.
  • Nous aurons peut-être bientôt droit encore une fois aux journées clémentes qu’apporte le printemps. Quand le mercure dépassera les 15oC, cherchez les papillons qui auront passé l’hiver parmi nous dans leur forme adulte : le morio, le polygone virgule et la grande vanesse, par exemple. Comme la région compte encore très peu de fleurs, ces insectes sont attirés par la sève des arbres qui s’écoule des trous percés par le pic buveur de sève.
  • Les arbres non indigènes de nos villes ont été les premiers à perdre leurs feuilles, et ce sont maintenant les premiers à former de nouvelles feuilles. Vous pourrez voir des bourgeons sur l’érable de Norvège et d’autres espèces introduites. Chez les espèces natives de l’Ontario, le sureau pubescent est l’un des premiers à produire des feuilles.
  • Les fermiers sont de retour dans les champs, et si le temps s’avère assez sec, ils commenceront à semer les variétés rustiques de maïs, l’avoine et le blé de printemps d’ici la fin du mois.
  • Le monarque se trouve maintenant dans les états du Texas, de l’Oklahoma, de l’Arkansas et quelques autres états plus au sud. Il s’agit là de papillons ayant passé l’hiver au Mexique et qui pondent maintenant des œufs sur les jeunes plants d’asclépiade. Nous accueillerons chez nous la prochaine génération, issue de cette ponte; déjà, quelques « nouveaux » papillons ont été aperçus à la frontière qui sépare le Missouri et l’Illinois, de même qu’à proximité de la frontière de l’Iowa, du Wisconsin et de l’Illinois, et juste au sud de la Pennsylvanie. Vous pourrez voir une animation de la migration printanière du monarque en passant par ici. Préparez-vous à signaler dans quelques semaines les monarques que vous aurez vus.
  • Le colibris à gorge rubis arrive généralement en Ontario vers le début mai ou la mi-mai (quelquefois à la fin avril), mais avec le temps plus clément ce printemps et les brises en direction du sud, les colibris seront en Ontario avant la fin avril cette année, beaucoup plus tôt que d’habitude. Si vous ne les avez pas encore vus, gardez l’œil ouvert et remplissez vos mangeoires. Vous pouvez suivre le progrès de leur migration ici, ce qui vous permettra de suivre leur arrivée en Ontario. Vous trouverez ici une superbe présentation sur leur comportement en période de reproduction.
  • Les Lyrides, un essaim d’étoiles filantes, seront à leur plus spectaculaire dans le secteur nord-est du 20 au 22 avril. On les observe depuis plus de 2 600 ans, mais leur intensité est généralement faible (de 10 à 20 météorites l’heure), à l’exception d’une année ici et là d’activités plus intense. Le radiant des Lyrides se situe entre l’étoile de Véga et la constellation Hercules, en direction de la constellation de la Lyre. La source de cet essaim est la comète Thatcher, et on la voit entre minuit et le lever du soleil. La comète Thatcher a été nommée en 1861, et nous ne la reverrons pas avant l’an 2276.