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Pleins feux sur le harfang des neiges
Vous avez peut-être vu le harfang des neiges Hedwig au grand écran (un rôle interprété par une série de hiboux de sexe masculin), mais avez-vous déjà vu un de ces oiseaux épatants en personne? Il semblerait que l’hiver l'hiver 2009-2010 pourrait être un moment idéal pour en voir, puisque l’apparence de l’adulte mâle de couleur blanche est un présage à une explosion de la population, et déjà, plusieurs repérages ont été signalés dans le sud de l’Ontario. Restez aux aguets pour voir si les prévisions se réalisent!
Le harfang des neiges se reproduit en milieu arctique. On en voit chaque hivers plus au sud, et il s’agit souvent de juvéniles au plumage moucheté de brun (la femelle est encore plus strié de brun). Mais aux quatre ans environ, on voit chez cette espèce une variation démographique importante. Comment cela se fait-il? Le harfang des neiges est pourtant adapté à nos hivers froids – son duvet épais lui permet de conserver une température corporelle de 38 à 40°C quand le mercure plonge à -50°C out (brrr!). L’hypothèse classique repose sur une série de cycles. Le hibou doit se nourrir, après tout! On pense que les variations démographiques sont liées à un effondrement, plus au nord, des populations de lemmings (la source principale de nourriture du hibou), un petit animal qui connaît un cycle d’expansion et de ralentissement aux trois ou quatre ans. Quand les populations de lemming sont plus nombreuses, l’été, un plus grand nombre d’oisillons verront le jour. Et comme ils se trouvent en plus grand nombre que d’habitude, les jeunes de l’année doivent s’envoler plus au sud pour trouver de quoi se nourrir. Quand les populations de lemmings s’effondrent, les harfangs des neiges adultes doivent aller plus au sud à leur tour. Dernièrement, des chercheurs ont laissé entendre que d’autres facteurs sous-tendent la variation démographique du harfang des neiges, ayant constaté grâce aux recensements des oiseaux de Noël que les nombres varient de façon irrégulière d’année en année. Ces chercheurs font également valoir que le ralentissement démographique des lemmings est un phénomène plutôt régional et que les migrations synchronisées des hiboux ont lieu à grande échelle. D’autres facteurs, tels que les précipitations de neige et les températures extrêmes, auraient peut-être un rôle à jouer. Il semble que le harfang des neiges se déplace parfois entre la Russie et le Canada!
Si les mécanismes de l’effondrement des populations de lemmings demeurent un peu mystérieux, nous savons que Disney n’y a rien compris : ils ne se suicident pas. Quand les populations atteignent leur sommet, les lemmings migrent de façon massive (le site propose un bon vidéo); comme ils se déplacent en si grand nombre, les lemmings, qui ne pensent qu’à se rendre du point A au point B, se rendent compte trop tard qu’ils sont sur le bord d’un précipice, d’une falaise ou d’un cours d’eau. Or, la situation est sans doute plus complexe, et bien d’autres facteurs contribuent probablement à l’effondrement des populations : l’infanticide, la prédation, la famine et la maladie, par exemple.
Dans les régions plus au sud, le harfang des neiges aime bien les terrains vallonnés où se trouve le campagnol des prés, alors restez aux aguets si vous souhaitez en apercevoir un perché sur un poteau de clôture, une souche ou une élévation du terrain. On dirait presque des animaux apprivoisés, mais même s’il est possible de s’en approcher, il ne faut surtout pas le faire – vous pourriez perturber les oiseaux affamés et menacer leur survie. Contentez-vous plutôt des nombreux gros plans d’excellente qualité que l’on peut trouver sur le Web.
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